Pêcher la truite

Nous partirons ici du principe que vous connaissez les mœurs, les habitudes, l’habitat de la truite, mais pas cette technique de pêche : le vairon mort manié. Les anciens qui avaient mis au point cette technique ont simplement pensée que si la truite mangeât du poisson, il suffisait de lui en présenter un, de la meilleure manière possible. Ce qui les a conduit à créer les différentes montures dites « au poisson mort » aux noms bizarres de: aulne, bohémienne, cévenole. Ces montures ont évoluées dans le temps, le poisson mort est devenu le « poisson manié ». Le matériel a beaucoup évolué.

Le poisson-appât

Le vairon, pour durer, doit être monté frais. C'est pourquoi nous vous conseillons de le transporter vivant et de le conserver dans un seau à vifs dans de l'eau, changée régulièrement. Il gardera ainsi toute sa souplesse, sa brillance, et sa résistance au lancer. un seau contenant 1/4 de litre d'eau permet de conserver une quinzaine de vairons de 7 cm. Vous pouvez aussi employer des vairons congelés, mais ils sont beaucoup plus fragiles et friables. La friture d'éperlan fraîche est parfois utilisée, on la trouve chez son poissonnier.

Pourquoi le vairon ? Rappelons avant que la truite se pêche principalement dans le courant. Il faut donc éviter que la force de celui-ci ne fasse vriller le poissonnet. Il est à noter que les poissons dont la section est aplatie tournent plus facilement (gardon, ablette, etc), alors q’un poisson à section plate ou arrondie, lorsqu’il est bien monté, va droit. Par conséquent, le vairon, le goujon et la lamproie sont conseillés. De plus, un poisson à grosses écailles possède une peau fine qui s’abîme très vite. Les poissons à fines écailles, qui ont en général une peau plus épaisse, résistent mieux. Par conséquent, le seul poisson qui remplisse toutes ces conditions c’est le vairon.

Le matériel

  • Les cannes : Elles doivent être adaptées à cette technique de pêche et au lieu de pêche. 

La tecnique consiste à donner de la vie à votre poissonnet mort, soit près de la surface, soit à grande distance. Vous devez sentir comme « des petits coups de marteau » sur votre vif. Votre conne, toujours tenue à la main, doit donc être légère pour ne pas fatiguer et diminuer la cadence. Elle doit être rigide pour ne pas amortir les impulsions données et doit pouvoir propulser de 6 à 12 g avec un nylon relativement gros.

En torrent, vous pêcherez par des lancers très précis de 4 à 10 cm, et avec une cadence soutenue. En rivière, soit vous serez précis sur certains postes, soit vous « battre » l’eau décimètre cube par décimètre cube à grande distance. En lac de montagne, vous ferez des lancers au maximum en laissant descendre parfois jusqu’à 15 ou 20 m de fond. Ces cannes doivent être avant tout légère, avoir une action de pointe très marquée, et posséder une puissance de 5 à 15 g.

De plus, la longueur doit être adaptée au lieu de pêche : de 1,40 m en petit ruisseau, à 1,90 m en torrent moyen. En lac, les plus de 3 m s’imposent ainsi que le lancer à 2 mains. Une poignée longue avec bagues, vous permettra de choisir l’emplacement de votre moulinet en fonction de la longueur de votre bras.

  • Le moulinet : Il existe un grand choix de moulinets. Cependant les critères à retenir sont : poids minimum, bobine de gros diamètre, frein progressif, vitesse amximum de récupération.
  • Le fil : Il sera proportionnel à la taille de la monture et au piquant des hameçons. Ne pêchez pas trop fin. Le vif doit répondre à la moindre impulsion donnée, le fil ne doit pas amortir mais transmettre les vibrations. Il ne faut pas oublier qu’on pêche souvent profond, jusqu’à 20 m. De plus, il faudra un ferrage sec. Rester en 20/100 est nécessaire, que ce soit en eau rapide, pour vaincre le courant ou bien en eau calme pour « travailler » à distance. Les fils fluorescents peuvent être avantageusement utilisés.
  • Les montures et plombées : C’est le point capital de cette technique. Il est avant tout indispensable que votre hameçon soit aiguisé. Au besoin, affûtez les avec une pierre à aiguiser. Choississez des montures qui abîment le moins possible le vairon. Prenez votre temps pour préparer la monture ; elle n’en durera que plus longtemps. Elles peuvent être classées en quatre catégories :
  1. Les plombéees loin devant (30 à 60 cm);
  2. Les plombées intérieures;
  3. Les plombées en tête;
  4. Les plombées casquées.

L'action de la pêche

C’est un coup de main à prendre : votre vairon doit frétiller sur le fond à la vitesse approximative du courant ; il saute de cailloux en cailloux. C’est en torrent que la technique est la plus difficile à apprendre. L’eau file à au moins 1,5 à 2 m par seconde au milieu de la veine. En profondeur l’eau est freinée par les rochers et les obstacles, les cailloux qui dépassent en surface créent des remous et des contre-courants. Cela permet à la truite de se poster sans se fatiguer tout en surveillant ce qui arrive.

N’hésitez pas à pêcher un coin, même si le courant est puissant. Il faut éviter que les truites se battent à contre-courant pour attraper votre vif. Cela vous oblige à pêcher « up-stream ».

Lancez précis pour que le vif passe au bon endroit, laissez-le descendre au fond, après un léger temps mort, animez-le de petits coups pour le faire sauter de cailloux en cailloux. Récupérez suffisamment vite pour que le fil reste tendu afin d’être près à tout moment pour ferrer, dès que vous sentirez la moindre sensation d’arrêt ou de frottement. 

Si le courant est très rapidement, votre vif sera vite en aval de vous, faites lui remonter le courant, canne basse à 90° du fil et au plus près de la berge, lentement. Si une truite surgit, relâchez-le vite pour qu’elle puisse l’avaler. Sortez votre vairon de l’eau et relancer le « up-stream ». En grande rivière, la technique reste la même, seules les distances changement et rendent le travail du fil plus délicat.

En lac, la technique est identique, pêchez le plus loin, le plus lentement, et le plus près du fond possible. Si vous n’accrochez jamais d’herbes, c’est que vous n’êtes pas assez près du fond !