La pêche au lancer

Pour le néophyte il n’y a que trois types de pêche : la pêche au coup, la pêche à la mouche et la pêche au lancer. Ce « tiercé » démontre le succès et le prestige dont jouit cette technique de pêche, considérée comme la plus sportive, et la plus spectaculaire des pêches, celle qui semble abordable à tous et n’impose ni les longues attentes de la pêche au coup ni le tour de main de la pêche à la mouche. Elle demande cependant une maîtrise et un sens de l’eau qui nécessitent un apprentissage certain.

Une pêche sportive

Cette technique jouit de l'image de pêche sportive par excellence. Il est vrai qu'on voit souvent le pêcheur au lancer comme un vrai baroudeur, un homme prêt à la lutte, travaillant avec un matériel et dans un habillement proches de ceux du chasseur. Cette parenté avec le chasseur se retrouve dans la philosophie même de cette technique. Le lancer fait en effet plus appel à un instinct de chasseur qu'à une méthode de pêcheur. Cela se retrouve jusque dans le vocabulaire : on chasse au lancer ; on tire sur une chasse. C'est sans aucun doute la technique où le pêcheur doit avoir le plus le sens de l'eau. Il faut savoir lire une rivière c'est à dire devenir, grâce au courant de surface, le relief du fond, les postes de repos des poissons, la position des pierres et des rochers. Il faut aussi observer les chasses en surfaces, et savoir les interpréter pour savoir quel poisson les provoques.

L'art du lancer

Le lancer est classé en quatre grandes catégories : ultra-léger, léger, mi-lourd et lourd. Elles correspondent à des équilibres entre les éléments composant le matériel. La tendance actuelle est à un lancer de plus en plus fin, débouchant sur une pratique de plus en plus sportive de la pêche, qui devient une véritable lutte pour les pêcheurs… comme pour les poissons. Ainsi, pêcher le brochet au lancer léger ne laisse pas de place à l’erreur et donne sa chance au poisson. 

Grâce à un matériel peu encombrant, le pêcheur peut se déplacer sans contrainte le long des berges, alliant le plaisir de la pêche à celui de la randonnée. Il peut prospecter chaque poste aussi bien en rivière qu’en étang, avec une évidente facilité. La précision est ici une qualité essentielle.

Les grands lancers qui draguent une rivière ou un étang ne sont guère efficaces. Il faut privilégier les lancers courts et précis ; là où les poissons ne sont pas habitués à voir passer les cuillers ou tout autre leurre. Le poisson doit être en quelque sorte surpris et ne pas avoir le temps de réfléchir. Seul le brochet met dans ces conditions un certain temps avant de se décider à mordre. Il faut donc prospecter tous les repères possibles : roches, souches, herbiers, remous. Il faut ensuite s’appliquer à poser correctement son leurre, et le faire travailler dès son entrée dans l’eau. Le lancer ne se pratique pas qu’en eau douche, mais aussi en mer, soit du bord, soit depuis un bateau. On le pratique pour le bar, pour le maquereau, le lieu et le mulet. On emploie ici des cuillers tournantes et ondulantes argent. Il faut pêcher de préférence dans les ressacs et entre les bancs de rochers.

Comment faire un bon lancer ?

La pêche au lancer consiste finalement à ramener vers soi un leurre rappelant plus ou moins vaguement un poisson ou un animal aquatique : cuiller ou poisson-nageur en général. Le néophyte l’associe à la pêche en rivière et, plus particulièrement à celle des carnassiers comme le brochet, le black-bass la perche et bien sûr la truite et le saumon qui ne dédaignent pas de mordre, surtout au poisson-nageur. Mais c’est peut être en mer que le lancer permet de s’exprimer le mieux, avec la pêche au bar.