Pêche à la Mouche

La pêche à la mouche est sans doute l’une des techniques les plus anciennes, née de l’observation de la surface de l’eau par l’homme, alors que les éclosions faisaient monter imprudemment à la surface les plus beaux poissons. La pêche à la mouche n’a rien perdu de son caractère fascinant. Elle s’est en revanche démocratisée, grâce à l’apparition de matériels plus accessibles. Reste bien sûr à savoir s’en servir, ce qui n’est pas forcément le plus facile…

Une pêche simple réservant bien des secrets

La pêche à la mouche est toujours apparue aux yeux des non-pratiquants comme une pêche difficile, compliquée, onéreuse... en somme comme une pêche réservée à une certaine élite, celle qui aurait eu les moyens de s'offrir le matériel spécifique et surtout le temps pour en apprendre toutes les subtilités, pour ne pas dire tous les secrets. En fait, rien n'est plus faux, car la pêche à la mouche est relativement simple, pourvu qu'on en ait assimilé les principes de base : choix du matériel, lancer, connaissance des principales familles de mouches, erreurs à ne pas commettre.

les principes de la pêche à la mouche

Avant toute chose, il faut distinguer la pêche à la mouche noyée et la pêche à la mouche sèche, la seconde jouissant incontestablement d’une réputation supérieure. Il est bon, dans un premier temps, de voir les points communs et les complémentarité de ces deux techniques. La mouche noyée est souvent considérée à tord par les pêcheurs à la mouche sèche comme une discipline mineure et de peu d’intérêt car ne correspondant pas à l’éthique de la pêche à la mouche. Il faut préciser que la pêche à la mouche sèche consiste à poser sur la surface un leurre en forme de mouche, alors que la pêche à la mouche noyée revient plutôt à faire évoluer sous la surface de l’eau un leurre, le plus souvent en forme de nymphe ou de petit insecte. La mouche noyée est de ce fait perçue comme une pêche facile, dans laquelle le pêcheur n’aurait rien d’autre à faire que de lancer sa ligne et ses moches dans le courant et laisser au poisson le soin de se prendre tout seul. C’est là, bien sûr, une totale contre-vérité.

La pêche à la mouche noyée est en fait à la fois nécessaire et très intéressante. Nécessaire parce qu’elle vient en complément direct de la pêche à la mouche sèche. En effet, en début de saison il y a très peu d’éclosions, et elle se produisent généralement sur une courte durée. Les poissons ne se nourrissent donc en surface que pendant très peu de temps, auquel serait réduit la journée de pêche. Il faut donc alors aller provoquer le poisson sous la surface de l’eau, à l’aide d’imitations représentant des larves, ou des insectes sur le point d’éclore, qui constituent à cette période l’essentiel de la nourriture de certains poissons.

Cela reste valable pendant toute la saison lorsque pour une raison quelconque il n’y a pas de gobage. La pêche à la mouche noyée ne se limite donc pas au début de saison. Il faut noter aussi qu’un grand nombre de poissons, et la truite en particulier, prennent l’essentiel de leur nourriture sous la surface de l’eau. Un auteur halieutique célèbre a pu écrire à juste titre que si la nourriture subaquatique était le bifteck de la truite, la nourriture de surface en était le caviar. On a donc beaucoup plus de chance de pêcher une truite en noyant ses mouches qu’en s’obstinant à taper la surface de l’eau avec des mouches sèches quand il n’y a pas ou peu d’éclosions.

Les deux techniques ont leurs finesses ; la pêche à la mouche noyée fait appel à une bonne connaissance des poissons et à un sens de l’eau très aigus qui sont loin de la pêche aveugle qu’on a trop souvent voulu présenter.